Niccolo Fontana

LARVAE

« Turin, 1909. Cesare Lombroso, le célèbre fondateur de l’anthropologie criminelle, arrive dans la villa isolée de Lazar, un illusionniste âgé. Lombroso, qui ces dernières années s’est consacré à l’étude du spiritisme, lance un défi à Lazar : prouver que le surnaturel existe et qu’il peut être à l’origine d’un crime brutal. Qu’est-ce qui a pu déclencher la fureur meurtrière du jeune séminariste Tommaso, et quel lien l’unit aux prétendues facultés paranormales de Lazar et à son fils Lorenzo ? S’agit-il seulement d’illusionnisme ou y a-t-il quelque chose de réel ? L’ancienne et décadente villa de Lazar cache de nombreuses vérités, et la vision scientifique de Lombroso devra s’ouvrir à de nouvelles perspectives. »
Le projet Larvae, né en 2014 et développé auparavant également comme scénario de long métrage, trouve son origine dans les inspirations suggérées par le Musée d’Anthropologie Criminelle Cesare Lombroso de Turin. L’un des aspects qui a frappé Alessandro Rota fut que, dans le musée, l’intérêt de Lombroso pour le spiritisme était à peine mentionné, sinon sur un simple panneau, alors qu’il alla jusqu’à en écrire un essai (« Recherches sur les phénomènes hypnotiques et spirites »), dont il corrigea les épreuves quelques heures avant sa mort, le 19 octobre 1909. Considérée par de nombreux collègues académiques comme la faiblesse d’un vieil homme, mais toujours abordée par Lombroso avec son approche positiviste, cette inspiration historique réelle est devenue la base du sujet du film, où la science affronte le surnaturel.
« Larvae est un court-métrage dans lequel les faits sont étroitement liés à l’Histoire : bien qu’il s’agisse d’une histoire fictive, j’ai voulu respecter la cohérence historique du personnage de Cesare Lombroso, en imaginant comment il se serait réellement comporté face aux soi-disant Larves Spirituelles mentionnées dans les traités de spiritisme. Parmi eux, le célèbre « Le Livre des esprits » d’Allan Kardec, publié en 1857. Lorsque je me suis trouvé face à la vitrine contenant le squelette de Lombroso — qu’il avait lui-même choisi de léguer à la science et d’exposer dans son musée — j’ai ressenti que raconter une facette moins connue de ce personnage pouvait être une idée juste, d’autant plus qu’il reste encore aujourd’hui au centre de polémiques occasionnelles. Il était inévitable de faire référence à ses théories célèbres, et je me suis alors demandé : qu’aurait supposé Lombroso en abordant le spiritisme, sinon que le surnaturel puisse, d’une certaine manière, influencer les actes de quelqu’un qui n’est pas physiognomiquement prédisposé au crime ? Larvae est donc un court-métrage qui se situe entre science, vérités cachées et forces inconnues. Mais pas seulement. Larvae raconte aussi le côté obscur, l’inexplicable et les conséquences des émotions humaines. »